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Madeleine Gauthier
skinhead

zoulou

zoulou, e adjectif et nom.

1. Qui suit le mouvement Hip-hop, qui est dans le moove.

Je suis pas là pour faire le zoulou | C'est pas le rap qui paie ma bouffe et mes sapes (Ideal J, « Si je rappe ici », Le combat continue, 1998) .

J'les entends tous ces zoulous | Ils parlent de nous | Qu'est-ce qu'ils en savent des braves | Nous on a galéré grave (Mafia K'1 Fry, « Thug life », Jusqu'à la mort, 2007) .

Tu m'traitais de sale zoulou car j'tournais sur la tête | Maintenant le sale zoulou a grandi reviens vous la mettre (Zoxea, « Mecs du hood », Tout dans la tête, 2012) .

2. Jeune voyou. Syn. lascar, zonard.

Des trucs de fou, | pas des trucs de faux zoulous | Des trucs de dingue | De psychopathe rien à trefou (113, « Truc de fou feat. Doudou Masta », Ni barreaux, ni barrières, ni frontières, 1998) .

Au départ j'étais en zonpri à faire le zoulou | Tu m'as compris, nous deux c'est pas Chouchou et Loulou (Sinik, « Wanted feat. Cici », La Plume et le Poignard, 2012) .

  zoulette nom féminin.

3. Fille qui adopte la mode Hip-hop.

J'aperçois une zoulette, une putain de rate | Le deuxième mot était bienvenue on dirait qu'elle se gratte, gratte gratounette (Ministère A.M.E.R., « Autopsie », Traître, 1991) .

Tu donnes des styles pour poser sur ma compile | Tu joues l'hostile mais y'a pas de zoulettes viriles (Ärsenik, « Affaires de famille feat. Doc Gynéco », Quelques gouttes suffisent…, 1998) .

On passe notre temps à zoner zoner | Les zoulettes s'font racoler-coler (Niro, « Beleck feat. Fey Shabazz & Koro », Paraplégique, 2012) .

étym. 1. Issus du mouvement culturel américain Zulu Nation. - 2. Par extension jeunes délinquants ayant adoptés les codes vestimentaires du mouvement zoulou. - 3. Resufixation en -ette après troncation de zoulou.
Hist. C'est vers la fin des années 70 que le DJ Afrika Bambaataa, alarmé par les rixes sanglantes des gangs blacks du Bronx, fonda l'Universal Zulu Nation. Un mouvement pacifique organisé autour du mouvement artistique Hip-hop (le moove). Ce mouvement regroupait les talents de la rue (blacks de New-York principalement au début) : chanteurs rap et musiciens, graffiti-artistes (tagueurs) et danseurs (break dance, smurf, …) et avait pour vocation première l'objectif de ramener les jeunes à la raison.
Le hip-hop traverse l'Atlantique est débarque en France vers le début des années 80 où une émission de télé lui est consacré (HIP-HOP avec comme animateur le Dee-Jay Sidney). Mais le public, noyé par la new-wave rock ne semble pas vraiment accroché, seuls les 12-16 ans semblent s'y intéresser et commencent à se tortiller sur des sons d'Herbie Hancock (qui à l'occasion avait temporairement laissé le Jazz-Rock pour verser dans un morceau particulièrement break), des Run DMC et des Break Machine. C'est pendant cette période que la presse fait grand bruit autour de petites embrouilles d'adolescents, de jeunes loubards qui étrangement du fait de leurs origines ethniques sont rebaptisés Zoulous. Le zoulou devient la nouvelle menace pour la société. Agé d'une quinzaine d'année, généralement bronzé, habillé de vêtements trop larges, de survêtements et de baskets, calqué sur la mode américaine, il sévit dans le R.E.R. où il agresse et dépouille d'autres jeunes de leur Walkman, leur blouson (Chevignon, la marque à la mode de l'époque) et autres accessoires d'importance vitale. Les Halles deviennent le coin le plus craignos où il devient impossible de s'y risquer la nuit. Mais cette délinquance juvénile n'a de rapport avec le hip-hop que parce qu'elle s'y trouve illustrée au travers de ses lyrics raps. Les populations d'immigrés afro-antillaises et maghrébines qui s'identifient d'emblé à leurs homologues américains respectivement afro-américains et latinos adoptent tout de suite la culture hip-hop.
Mais il faudra attendre la fin des années 80, début 90 pour voir finalement émerger du lot quelques figures mythiques du rap français et de son proche cousin le raggameffin : Suprême NTM (Authentik, 1991), IAM (…de la planète mars, 1991), MC Solaar (Qui sème le vent récolte le tempo, 1991), Tonton David (Le blues des racailles, 1991), Sens Unik (Le 6ème sens, 1991)…
Aujourd'hui, le rap a complètement envahi les ondes radios. Au cours des dernières décennies, il s'est adapté aux différentes vagues au point de se mixer avec tout, le disco, le funk, la house, la new jack (R and B), le rock et même le classique. Le plus commercial prône la morale, la bonne conduite, la vie fun et sans embrouille. Les plus méchants rappeurs ont compris que pour passer à la télé, il fallait mettre de l'eau dans son vin. Ainsi le Ministère A.M.E.R. (Stomy Bugsy et Passi) groupe sulfureux des années 90, après avoir essuyé un procès pour avoir proféré des insultes et des appels au meurtre à l'égard de la police est devenu un ministère de bonne conduite : Passi dans un magazine d'ado, déclarait aimer les jeunes femmes qui ont de la classe, Stomy chante Julio Iglesias et apparaît comme un bon papa, rien ne va plus on est simple et funky et libre comme l'air on balance sur des remix de Cloclo qui respirent la joie de vivre. Malgré tout, parmi cette vague rap-yéyé (rap à l'eau comme disait Doc Gynéco) un peu naze, le 20ème siècle nous léguait quelques bons morceaux à écouter : L'aimant (IAM - Ombre et lumière, 1993), Séquelles (MC Solaar - Prose Combat, 1994), Nirvana (Doc Gynéco - Première consultation, 1996), Les flammes du mal (Passi - Ma 6-T va crack-er, 1996), Si tu rêves de la métropole (Fabe - Le Fond et la Forme, 1997)…
Les années 2000 ont vu apparaitre une nouvelle forme de radicalité chez les jeunes rappeurs, avec plus de violence et plus de communautarisme. L'exclusion sans cesse croissante et quasi héréditaire des immigrés présents en France depuis maintenant quatre générations, a poussé certains rappeurs à « insulter » la France. C'est le cas du groupe de rappeurs Sniper avec les paroles de leur chanson « La France » (Du rire aux larmes, 2001) : « La France est une garce et on s'est fait trahir » Le racisme, dont les principales victimes restent quoi qu'on en dise les minorités ethniques, se serait vu inversé. Des journalistes, lors de manifestation lycéennes de 2005 parlent de racisme anti-blanc, ancienne formule d'extrême-droite qui aujourd'hui encore fait les choux gras d'hommes politiques en quête de popularité, accusations que réfutent la plupart des rappeurs expliquant que leurs paroles ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Car l'agressivité apparente de ces chansons est en quelque sorte un jeu verbal, c'est la mode du clash. Le clash, dont l'un des meilleurs représentants est MC Jean Gab'1 avec sa chanson « j't'emmerde » (Ma vie, 2003) qui dénigrait l'ensemble de la scène rap de son époque, est l'héritier des joutes verbales publiques que se livraient les premiers rappeurs sur la scène ou dans la rue. Ce mode d'expression a envahi l'Internet. Il suffit de chercher le mot clash sur les sites d'hébergement vidéo comme Dailymotion pour tomber sur des clips de rappeurs qui clashent d'autres rappeurs mais là, on est bien loin des zoulous des années 80 qui se défiaient à la danse.

Le Dictionnaire de la Zone. Tout l'argot des banlieues. © 2000 - 2024 Cobra le Cynique.

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